Les Canaries (ou plutôt : Santa Cruz de La Palma : le port des rencontres)

Nous voilà partis de Porto Santo, l’ile au nord-est de Madère, direction les Canaries avec 20 nœuds de vent bien établis au portant. La houle se forme en même temps que l’île s’éloigne. Moins de 300 milles nous séparent de l’archipel Espagnol, ceci-dit, ce seront 48h de navigation bien fatigantes… Nous barrons beaucoup (le pilote a du mal à tenir dans les vagues), nous déchirons même notre pauvre spi sous un grain.

Nous visons en premier les montagnes verdoyantes de l’île la plus au nord-ouest de l’archipel : La Palma. Magnifique arrivée par mer plate et vent fort. L’entrée du port est musclée mais nous voilà au ponton, aux côtés de Pascal (Pascalou), vieux loup des mers, parti pour un voyage en solitaire autour du monde, sur son centurion, pour une durée indéterminée.

Un problème mécanique de notre moteur nous inquiète dès notre première journée. Nous faisons appel au mécano du coin, Pédro. Il nous fait comprendre, dans un anglais tout aussi bon que le nôtre, que l’inverseur (boîte de vitesse du moteur de Carmina) a un problème interne. On le démontera et remontera peut-être 6 ou 7 fois avec et sans Pedro pour certifier que tout fonctionne à merveille sur cet inverseur. « In my opinion » (comme disait Pedro), le problème vient d’ailleurs… Mais d’où ? Cette question nous bloquera 18 nuits au port de Santa Cruz de La Palma alors que nous avions prévu d’en faire que 3.

On fait le tour du port pour récolter tous les avis différents, Gillian appelle tous les mécanos de Vendée, nos amis et familles cherchent avec nous une explication possible à ce problème. Pedro retourne toute la Palma pour trouver la solution. C’est finalement après 2 semaines de recherche que Pedro trouve le problème qui est tout simplement un souci d’affaissement du moteur. Nous voilà partis pour 3 jours de travaux sous l’eau pour essayer d’extraire l’hélice (l’eau du port n’est pas très agréable). Nous n’y arriverons pas, Pedro (qui refusera qu’on le paye malgré ces journées passées avec nous sur son temps de travail) nous conseille de continuer comme ça, car le risque d’abimer le moteur est minime si on fait attention et une sortie de l’eau de Carmina aurait pour risque de trop nous retarder.

Malgré ce souci technique qui nous tiendra presque 3 semaines sur la même île à payer le port, ce fût l’escale des rencontres. Pedro, notre mécano est devenu un ami. Notre voisin Pascalou passe ses soirées sur Carmina et nos 35 ans d’écart n’empiètent en rien sur une amitié très forte. Marion, une jeune graphiste qui réalise son tour du monde seule avec son chient Bosco (qui passe son temps à jouer avec les ombres des gens) nous fait goûter à sa « Normiflette » (Tartiflette au camembert). Nous rencontrons également Maxime Sorel, skipper de la Route du Rhum, il a ramené son Class 40 au port de La Palma après son démâtage dans la tempête. On se lie également d’une amitié forte avec Valentin, un bateau-stoppeur cherchant à transater (traverser l’Atlantique), il n’embarque pas avec nous, mais qui sait, peut-être plus tard de l’autre côté de l’Atlantique !

Une petite communauté de voyageurs de tout âge se crée autour de Carmina. Nous rencontrerons également Paul, Richard, Fabrice, des navigateurs solitaires avec des plus ou moins grands bateaux mais avec tous des histoires incroyables de navigations autour du monde.

Nous sommes partis ce matin de la Palma, problème non-réparé mais connu. Carmina est pleine d’eau et de nourriture pour le Cap-Vert et la transat. Nous sommes au mouillage pour 3 jours à la Gomera avant de partir pour 6 jours de navigation direction l’archipel de Césarisa Evora.

Les Canaries nous en retiendrons les problèmes, les paysages mais surtout les rencontres !

2 comments

  1. Belles vidéos, reportings sympas malgré qqs petits aléas mécaniques qui font malgré tout partie de l’aventure. Demandez à Marc-Antoine pour les résoudre, la méca c’est son fort 😉
    Dans l’attente d’un nouveau post, bon courage et bon vent pour la suite du voyage.

  2. Bravo tous deux pour cette aventure que nous suivons avec intérêt par votre site ! Merci de nous partager ce magnifique voyage ! Bon vent pour la suite, pour vous et toute votre équipe, continuez de nous faire voyager ! On vous embrasse bien fort.

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