Le premier mois aux Antilles

Arrivés à la Barbade, nous mouillons à un des seuls mouillages abrités de l’île, en face de la ville de Bridgetown où nous retrouvons nos amis du projet Océascience (encore des copains d’Arzal) qui étaient partis quelques jours avant nous de Mindelo. Nous sommes malheureusement vite déçus des paysages antillais qui nous faisaient tant rêver : les complexes hôteliers bordent les plages de sable blanc ainsi que scooters des mers et autres gadgets à moteurs nous tournent autour au mouillage. L’île indépendante britannique a perdu son charme d’autrefois tant décrit dans les récits de voyage. Nous passons malgré tout du bon temps et fêtons notre transatlantique avec Océascience comme il se doit. En s’enfonçant plus dans les terres nous rencontrons les locaux avec qui nous partageons de bons moment. L’échange est plus simple qu’au Cap-Vert, chaque île antillaise parle un créole différent mais tout le monde parle soit l’anglais, soit le français.

Après quatre jours passés sur cette île peut convaincante, nous décidons de caper vers Grenade, l’île la plus au sud de l’arc antillais appartenant aux grenadines du sud (Britannique). 24 heures de navigation au portant (vent ¾ arrière) nous attendent. C’est étrange nous avons tous les deux la même sensation, l’impression de revenir à la maison, reprendre notre rythme du large qui nous a tant plût pendant ces 16 jours de traversée.

Après une belle prise (thon de 3kg) entre les sargasses (algues qui envahissent les Antilles) nous arrivons au mouillage de Prickly Bay au sud de Grenade. Autant la Barbade nous avait laissé perplexe sur les Antilles, autant cette île aux épices nous émerveille. Nous partons à la découverte des trésors que nous réserve cette terre, les villages de maisons colorées se dispersent dans les montagnes et dans la forêt vierge qui les habillent, les locaux sont d’une simplicité et d’une gentillesse rare, nous nous lions d’amitié avec Nygle et sa femme qui nous invitent à boire des punchs chez lui ainsi qu’avec Sandy qui nous fera découvrir les soirées à Grenade.

Cette île nous plaît énormément. Après 5 jours, nous décidons de mettre le cap sur Cariacou, une île au nord de Grenade mais qui appartient au même état. En effet, nous devons sortir Carmina de l’eau pour refaire l’antifouling (peinture sous-marine de la coque) et d’après nos renseignements, les prix sont les plus intéressant des Antilles pour y sortir le bateau. Après plusieurs heures de navigation au près (vent venant de face) où l’on redécouvre la navigation inconfortable après presque 4 mois de navigation au portant, nous voilà au mouillage de Tyrel Bay, magnifique baie à l’ouest de Cariacou. Nous en avions entendu beaucoup de bien par notre copain Pascalou, nous ne sommes pas déçus !

Nous ne tardons pas à rencontrer nos voisins au mouillage : René et Ginette, un couple de retraité Suisse qui nous guide lors de notre arrivée nocturne au mouillage (nous allions mettre l’ancre sur une épave non-indiquée sur les cartes marines), nous nous lions d’une amitié forte et partageons de merveilleux moments avec eux. C’est fou comme la différence d’âge n’influe en rien sur l’amitié lorsqu’on voyage !

Peu de commerce le long de la plage, uniquement des cases où l’on peut acheter fruits et légumes, quelques restaurants et plusieurs bars où l’on mange du poisson ou du poulet pour l’équivalent de 3 euros. Le « Reggae music » anime les rues, on ne croise pas une personne sans lui dire bonjour et lui adresser quelques mots de courtoisie « Hi man, everything is all right ? » ! Cet art de vivre nous égaie. Ici, les gens vivent au jour le jour, le seul projet de la journée est de gagner de l’argent ou pêcher pour manger le soir. Tout le monde semble particulièrement heureux. Nous passons des heures dans l’eau à plonger avec palmes, masque et tuba à découvrir les poissons coralliens. Malheureusement nous découvrons que les fonds de la baie sont également parsemés de déchets déposés par les plaisanciers.

Nous sortons Carmina de l’eau et travaillons pendant deux jours sur le bateau qui en avait bien besoin. Nous rencontrons Nicos, un skipper Grec qui cherchait à rejoindre la Martinique. Il est venu jusqu’ici depuis la Grèce en bateau-stop ! Cela tombe bien, nous devons rejoindre la Martinique dans quelques jours pour récupérer les parents de Marco.

Après avoir remis Carmina à l’eau, nous allons visiter Sandy Island, magnifique banc de sable couvert de palmier, nous allons chercher des noix de coco à l’aide de notre machette pour en boire l’eau qu’elles contiennent. Nous finissons notre séjour à Cariacou par une superbe soirée avec tous nos amis rencontrés et retrouvés à Tyrel Bay : nous voilà partis pour danser toute la soirée sur de la musique locale en mangeant de la langouste et du lambi (excellent crustacé des Antilles).

Le lendemain, nous voilà partis pour la Martinique en compagnie de Nicos. 30 heures de navigation musclées au près nous attendent entre les îles de Saint-Vincent et Sainte-Lucie. La nuit est dure, des rafales de vent à plus de 35 nœuds avec une mer courte et forte, les grains (gros nuages accompagnés d’une forte pluie et de vents fort) sont de plus en plus récurrents. Carmina tient bien son cap et nous fait arriver à bon port : le Marin, port principal de la Martinique.

Le retour dans une île européenne est brutal. Nous n’avons pas vu une telle civilisation depuis les Canaries (et encore…). Après la culture « no stress » du Cap-Vert et la « Rasta life » des grenadines du sud, la différence est flagrante. Nous récupérons Anne et Antoine, les parents de Marco, disons adieu à Nicos.

 Nous restons bloqués 2 jours au Marin pour changer 2 haubans puis nous repartons à 4 vers les grenadines, cette fois-ci la partie nord. Après 20 heures de navigation, nous voilà à Bequia, île agréable et magnifique où nous passerons 2 jours à explorer les fonds marins et où nous retrouvons Pascal et Véro, des amis que l’on s’était fait sur les pontons de Mindelo.  

De retour vers la Martinique, nous allons mouiller aux mythiques anses d’Arlet au sud-ouest de l’île où nous passons nos matinées à nager avec les tortues. Cela nous réconcilie avec l’île française. Nous y retrouvons Foucauld, un copain de France venu régater en catamaran en Martinique.

Les parents de Marco nous quittent après une superbe semaine arrosée au ti-punch. Place à Anne-Lise (petite amie de Marco) et Dominique (Maman de Gillian) qui embarquent pour deux semaines sur Carmina ! La météo se gâte malheureusement, de forts coups de vent entre les îles nous empêchent d’aller aux Tobago Cays (grenadines) comme prévu. Nous décidons d’en profiter pour visiter la Martinique, ses anses, ses villages, ses lagons, ses rhumeries… Cela nous fait voir de la famille ! Nous passons de belles journées et soirées avec Sylvain et Cécile, des cousins de Marco venus passés une semaine en Martinique. Ces deux belles semaines nous ont permis aussi de nous poser un peu, de profiter de plusieurs jours au même mouillage, de passer des après-midis sur la plage et se baigner toute la journée. Profiter de nos proches avant de repartir !

Nous voilà de nouveau seuls, le ventre rempli d’accras et les cales remplies de rhums pour nos familles et amis (également pour nous ! rassurez-vous). Nous sommes impatients de reprendre la mer et continuer notre périple vers le nord de l’arc antillais. Nous prévoyons de nouveau une escale au Marin pour refaire le plein de vivre et bricoler sur Carmina.

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